Cinéma Cornay - rue de l'Abreuvoir - 86120 Loudun

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Association cinéma Art et essai

 HUIT ET DEMI

Reprise pour la nouvelle saison 2026/2027 :

jeudi 3 septembre à 20h30

Film patrimoine

Dead Man

DEAD MAN, JIM JARMUSCH, REPRO AFFICHE DE CINEMA VINTAGE (40x60 cm), HQ - Photo 1/1

de Jim Jarmusch

 (Etats-Unis - 1995)  

Avec Johnny DeppGary FarmerCrispin Glover

Voyage initiatique vers la mort, Jim Jarmusch revisite le western dans un film à l'esthétique léchée, photographié en noir et blanc au son des guitares et des improvisations de Neil YoungWilliam Blake (Johny Depp) prend le train vers l’Ouest pour y exercer le métier de comptable. Arrivé dans la sinistre ville de Machine, il s’y trouve accusé à tort d’un double meurtre et prend la fuite, une balle logée près du cœur. Accompagné de Nobody, un Indien cultivé qui le prend pour le poète anglais William Blake, il s’engage dans un périple à travers l’Ouest sauvage…Parce qu’il n’appartient pas à ce monde dans lequel il s’est retrouvé par inadvertance, parce qu’il a les pires tueurs de l’Ouest à ses basques, et parce qu’il a pris une balle dans le cœur dès le début. Parce que Dead Man est un road-movie à travers les paysages et l’histoire du cinéma, mais dont la destination est le séjour des défunts. William Blake est un homme, aussi, parce qu’il est un héros de film, c’est-à-dire le fantôme d’un âge classique révolu. En fondant sans prétention la légende métaphysique dans le conte farceur, ce film de deuil, souriant, réfracte la belle lumière des étoiles d’une autre ère, aujourd’hui éteintes.

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Jim Jarmusch a choisi le noir et blanc pour son film Dead Man : un conte humoristique et mélancolique inscrit dans un jeu de références aux classiques du cinéma… Entre le comique farfelu du film et la beauté formelle des images, un esprit plus sombre se glisse au fil des séquences. Le héros au nom de poète est « un homme mort ». Parce qu’il n’appartient pas à ce monde dans lequel il s’est retrouvé par inadvertance, parce qu’il a les pires tueurs de l’Ouest à ses basques, et parce qu’il a pris une balle dans le cœur dès le début. Parce que Dead Man est un road-movie à travers les paysages et l’histoire du cinéma, mais dont la destination est le séjour des défunts. William Blake est un homme, aussi, parce qu’il est un héros de film, c’est-à-dire le fantôme d’un âge classique révolu. En fondant sans prétention la légende métaphysique dans le conte farceur, ce film de deuil, souriant, réfracte la belle lumière des étoiles d’une autre ère, aujourd’hui éteintes. (Le Monde)

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L’Amérique du siècle dernier apparaît hallucinée, à la fois monde barbare d’avant les origines et terre désolée après l’apocalypse… Jim Jarmusch écarte immédiatement tout pathos et livre, de façon ricanante et morbide, une sorte de précis de décomposition. Décomposition des mythes fondateurs d’une nation et de sa geste héroïque, ici plutôt malmenée. Décomposition avancée des lois d’un genre (le western). Rarement un récit fondé sur une poursuite aura été aussi peu dramatisé, vide de tension, la violence ne se déchaînant que par fulgurance, à froid, sans identification possible. Décomposition enfin d’un corps, celui du héros atteint d’une balle dès les premières minutes et qui agonisera durant les deux heures du récit. C’est bien un des atouts comiques de ce film on ne peut plus pince-sans-rire… Dead Man est à ce jour le film le plus excitant et le plus risqué (de Jim Jarmusch), un poème autour de la mort qui marque, au bout du compte, sa renaissance de cinéaste. (Jean-Marc Lalanne - Cahiers du cinéma)

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Dead Man, réalisé par Jim Jarmusch en 1995, commence dans un train qui traverse et, on pourrait même dire établit, la géographie changeante de l’Ouest américain. À travers ce paysage à la fois onirique et destinal, Bill Blake passe du sommeil à l’agitation. Entre-temps, il rêve et il observe. Il est vu, mais ignoré par les autres passagers – à l’exception de l’homme maigre et morbide qui garnit le feu du train. Couvert de cendres noires, cette figure de fossoyeur semble détenir une connaissance aussi noire du passé de Blake que de son avenir, dont il lui offre une vision : « Regardez par la fenêtre. Ça ne vous rappelle pas quand vous étiez en bateau ? Et puis, plus tard, la nuit, couché, contemplant le plafond, et l’eau dans votre tête n’est pas différente du paysage. Et vous pensez : "Comment se fait-il que le paysage bouge, alors que le bateau est immobile ?" C’est de la prophétie. Mais ce chauffeur n’est pas seulement un oracle désintéressé : « Pourquoi vous avez fait tout ce voyage… jusqu’en enfer ! » Cette double annonce révèle que l’homme du train est aussi une figure de Charon, l’homme du bateau : Blake est en route pour l’enfer tout en y étant déjà. Le chauffeur du train vide ainsi le passé et l’avenir de Blake en les ouvrant en même temps à un sens nouveau. Le voyage de Blake semble faire écho à la traversée du Styx par Dante, mais sans un Virgile pour le guider et le rassurer dans son passage angoissé. Blake est fatigué, mais surtout il n’a aucune idée du chemin devant lui et, à la différence de Dante, n’a aucun mandat divin pour diriger son passage. (Cairn Info - Sciences humaines & sociales)

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Une envoûtante odyssée en forme de western. A la fin du XIXe siècle, un Indien solitaire et un jeune comptable blessé (John Depp) fuyent des tueurs à travers les immenses forêts de l'Ouest américain. Sublime voyage initiatique en noir et blanc, qu'une distribution pleine de surprises et une musique magnifique de Neil Young rendent inoubliables. (Télérama)

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Avec ce noir et blanc, Dead Man se dote d’une beauté particulière, qui pourrait cette l’associer à l’époque durant laquelle se déroule l’intrigue, mais qui le rend surtout intemporel, avec ce côté éthéré et lointain. Le périple de William Blake a tout d’une descente aux enfers. C’est un aller simple aux confins de l’humanité, où il ne rencontrera qu’un Indien un brin étrange judicieusement nommé « Personne », et des brigands ou des chasseurs de prime. Un voyage loin de toute civilisation, alors que celle-ci montre déjà un visage guère plus flatteur et rassurant que la nature hostile. Inexorablement, Blake s’éloigne de tous repères de temps et d’espace, accompagné de la musique hypnotique de Neil Young, et de ces mélodies jouées à la guitare électrique, qui alimentent cet aspect irréel, dans un voyage quelque part entre une réalité oubliée et la conscience de William Blake. (A la rencontre du 7e Art)

Bande annonce originale : https://youtu.be/qcX_AE0j68w